« L’île aux filons d’argent », ainsi était déjà nommée la Sardaigne dans l’Antiquité en raison de la richesse de ses gisements situés en Iglesiente. Abondamment repris entre les XIIe et XIVe siècles, leur exploitation fit de l’île l’une des principales argentières de la Méditerranée médiévale. Depuis 2024, un programme de recherche de l’École française de Rome – ARGENTARIA. Miniere, minatori e ambiente nell'Iglesiente (Sardegna, XII-XIX secolo) – explore les archives et les vestiges des entreprises argentifères.

Les gisements argentifères de l’Iglesiente (sud-ouest de la Sardaigne) furent exploités de manière discontinue de la protohistoire aux années 1990. Aux XIIIe et XIVe siècles, les investissements d’entreprises sardes, allemandes, pisanes et aragonaises firent de l’île l’une des principales argentières de la Méditerranée. Par son ampleur géographique, sa centralité dans les réseaux d’affaires, et son importance économique dans les marchés des métaux précieux, l’Iglesiente médiévale est un espace argentifère exemplaire, conçue comme un carrefour et un laboratoire social au sein duquel les techniques, les pratiques et les normes de la production s'enrichissaient et se concurrençaient à la fois. Plus encore, les héritages des entreprises médiévales ont marqué ce territoire : sources d’opportunités lorsqu’il s’agissait au XIXe siècle de recycler les anciennes scories, ou de défis environnementaux lorsqu’il s’agit encore aujourd’hui de gérer des montagnes déchiquetées, des déblais étalés et des versants lessivés.

Cette enquête historique et archéologique en Iglesiente permettra 1) de retracer les réalités sociales, culturelles et professionnelles du monde des mineurs œuvrant dans un complexe de production d'argent bien documenté, mais dont l’étude n’est pas aussi avancée que celle d’autres espaces de production de l’Europe médiévale ; 2) de retracer les conséquences à court et long terme de l'extraction et de la transformation du minerai sur l’environnement et la santé des populations. Ce faisant, le projet offrira 3) de riches opportunités en termes de formation, de collaboration scientifique, de valorisation patrimoniale et de sensibilisation du public aux thématiques historiques, archéologiques et environnementales.

Responsables scientifiques
  • Nicolas Minvielle Larousse (CNRS - LA3M)
  • Guy Geltner (Monash University)
Laboratoire de l'institut impliqué
  • Laboratoire d'archéologie médiévale et moderne en Méditerranée (LA3M)
Institutions et équipes partenaires
  • École française de Rome
  • Monasch University (Australie)
  • Federazione speleologica sarda
  • Università degli studi di Cagliari
  • Laboratoire France, Amériques, Espagne, Sociétés, Pouvoirs, Acteurs (Framespa)
  • Institut de recherche sur les archéomatériaux (Iramat)