La partie immergée des vestiges des aménagements littoraux du site d’Olbia de Provence, colonie massaliote fondée au IVe s. av. J.-C. à la racine occidentale du double tombolo de Giens (Hyères, France), fait l’objet depuis 2018 d’une reprise de la documentation ancienne et, depuis 2019, de nouvelles de campagnes de fouilles archéologiques qui ambitionnent d’établir la ou les périodes de leurs édification, de déterminer la ou leurs fonctions ainsi que d’étudier les techniques de construction mise ne œuvre.

La colonie grecque d’Olbia est implantée au pied du versant sud-est du Mont des Oiseaux sur une bande littorale qui borde, à son extrémité nord-est, le golfe de Giens et qui surplombe, encore actuellement, les eaux de la méditerranée d’environ 4,50 m. Après son passage sous domination romaine, au Ier s. av. J.-C., Olbia change de fonction et se tourne vers le commerce et le thermalisme, comme l’atteste le nouveau programme architectural de bains publics mis en œuvre notamment à l’aplomb du rivage (thermes du Bord de mer). Au même moment, l’agglomération se dote d’infrastructures tournées vers la mer.

Les vestiges de ces structures littorales, remarqués dès le XIXe siècle et étudiés dès les années 50 puis à la fin des années 90 et le début des années 2000, sont aujourd’hui en grande partie immergés et gisent entre la ligne de rivage actuelle et 5,00 m de profondeur. Lors des grands coefficients de marée une partie d’entre eux émergent. On peut alors observer deux longs alignements de pierres de taille parallèle qui s’avancent dans la mer en direction de la presqu’île de Giens. À l’extrémité ouest-sud-ouest de ces alignements, on peut apercevoir depuis la surface, entre 2,00 et 5,00 m de profondeur sur une étendue de près de près de 1000 m², plus d’un millier de pierres de tailles. Celles-ci composaient vraisemblablement un édifice imposant aujourd’hui disparu. Ces deux ensembles architecturaux contigus se distinguent l’un de l’autre par la nature des techniques de construction mises en œuvre ainsi que les dimensions des blocs et des pierres de taille qui les composent. Jusqu’à lors, ils n’avaient pas fait l’objet d’un lever d’ensemble à une échelle appropriée (grande échelle) permettant d’entreprendre une étude exhaustive des différentes traces de mise œuvre : scellements horizontaux, scellements verticaux, trous de pince, etc. Celles-ci étaient d’ailleurs majoritairement masquées par une épaisse couche la flore marine.

Débuté en 2018, avec une première campagne de terrain en 2019, le programme de recherche sur les structures littorales immergées d’Olbia de Provence est conduit par le Centre Camille Jullian (CNRS, Aix-Marseille Université) et l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap). Ce programme a été soutenu financièrement, de 2019 à 2022, par le Fonds de dotation Archéologie et Patrimoine en Méditerranée(Arpamed) et l’Institut d’archéologie méditerranéenne ARKAIA d’Aix-Marseille Université puis, à compter de 2023, par la ville d’Hyères et le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm).

En complément de la réalisation de sondages stratigraphiques, et à l’aide des techniques du numérique et notamment de la photogrammétrie rapprochée, une documentation planimétrique et tridimensionnelle, en haute résolution et très précise, a été réalisée afin de permettre d’examiner et d’étudier les techniques de construction mise œuvre. En amont, les vestiges architecturaux en place ainsi que les pierres de tailles et blocs architecturaux ont été dégagés manuellement de la gangue végétale qui les tapissait.

En 2022, dans le cadre d’une action interdisciplinaire soutenue par ARKAIA, les campagnes de fouilles archéologiques ont été complétées par une série de carottages sédimentaires en partenariat avec le CEREGE visant à mieux appréhender le contexte dans lequel ces vestiges ont été édifiés et plus précisément de tenter de définir leur relation avec le cordon littoral induré situé en nord-nord-ouest.

Ces travaux ont permis, grâce au nettoyage des structures architecturales, à la réalisation de sondages stratigraphiques, à un lever tridimensionnel exhaustif et à l’étude des procédés de construction mis en œuvre, de faire progresser nos connaissances sur la nature et la fonction de ces aménagements littoraux. Le mobilier recueilli dans les massifs de fondations de l’une des structures architecturales permet aujourd’hui de modifier ou d’affiner les hypothèses préalablement admises dans la littérature scientifique quant à la chronologie et surtout la fonction de ces constructions littorales.
 

Responsables scientifiques
  • Laurent Borel (CNRS - CCJ)
  • Alex Sabastia (INRAP - CCJ)
Laboratoires de l'institut impliqués
  • Centre Camille Jullian (CCJ)
  • Centre européen de recherche et d'enseignement des géosciences de l'environnement (CEREGE)
Institutions et équipes partenaires
  • Institut national de recherches archéologiques préventives
  • Fonds de dotation « Archéologie et Patrimoine en Méditerranée »
  • Ville d’Hyères, Direction Culture et Patrimoine, Site archéologique d'Olbia
  • Ministère de la Culture, Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines