Le projet ARIMAS est un projet international de terrain (prospections et fouilles) dans le sud de la Namibie, qui s’intéresse aux dynamiques d’interactions entre chasseurs-collecteurs préhistoriques et le milieu semi-désertique de la région. L’intégration des données de plein-air et celles issues de contextes stratifiés en abris sous-roche vise à offrir une vision globale de la gestion des ressources et des stratégies de mobilité des groupes humains à la préhistoire, dans un environnement considéré comme hostile.
Le projet ARIMAS (ARid environments and Modern humans’ Adaptation Strategies) a débuté en 2021. Il s’agit d’un projet de terrain transdisciplinaire qui mêle prospections pédestres et fouilles d’abris sous-roche dans un milieu semi-désertique au sud de la Namibie. La ferme éponyme, « Arimas Farm », qui elle-même tient son nom de la rivière qui la traverse, offre l’opportunité d’explorer les dynamiques d’occupation du territoire et d’utilisation de ses ressources (animales, minérales, végétales) par les groupes humains, depuis le Pléistocène jusqu’à aujourd’hui. Le milieu aride d’Arimas, soumis à une érosion du paysage extrêmement lente, a permis la conservation d’un très grand nombre de vestiges lithiques (outils en pierre associés aux trois grandes périodes de la préhistoire africaine : Earlier, Middle et Later Stone Age). Par ailleurs, durant notre première campagne sur le terrain, nous avons identifié un certain nombre d’abris sous-roche contenant des dépôts sédimentaires. Un premier abri, Curiosity Shelter, a été fouillé en 2023 et 2024, qui documente une fréquentation par des chasseurs-collecteurs à la fin de l’Holocène. Nous engageons en 2025 la fouille de Perseverance Shelter, un vaste abri sur la ferme voisine, Aub, qui s’annonce prometteur en termes de puissance sédimentaire et de préservation organique. Il s’agit d’un abri qui n’a jamais fait l’objet de fouilles jusqu’à aujourd’hui et qui présente un grand nombre de similarités, en termes de dimensions, morphologie et contexte géologique, avec le site de référence pour la préhistoire namibienne, Apollo 11. Ce dernier site est localisé à moins de 30 km à vol d’oiseau de Perseverance Shelter et est connu notamment pour avoir livré les plus anciennes traces d’art figuratif sur le continent africain, sous la forme de plaquettes décorées de figures animales et anthropomorphes et âgées de près de 30 000 ans.
Le projet ARIMAS implique la participation de plusieurs institutions et collègues namibiens, en particulier Kaarina Efraim du National Museum à Windhoek et Henry Nakale du Windhoek City Museum. Il a été soutenu financièrement à ses débuts par la fondation Leakey (US), la fondation Gerda Henkel et l’Université de Tübingen en Allemagne ; il fait actuellement l’objet, par le biais d’un contrat postdoctoral à l’Université du Connecticut, d’un soutien du programme Walter Benjamin de la Deutsche Forschungsgemeinschaft (Allemagne). Plusieurs spécialistes participent au projet pour les aspects chronologiques (Chantal Tribolo, du laboratoire CNRS Archéosciences de l’Université de Bordeaux), géomorphologiques et géoarchéologiques (Dominic Stratford de l’Université du Witwatersrand en Afrique du Sud ; Paul Goldberg, professeur émérite affilié au LAMPEA et à l’Université de Tübingen ; et Christian Sommer de l’Université de Tübingen), ainsi que pour les analyses paléoprotéomiques (Louise Le Meillour du Globe Institute à Copenhague).
Il s’agit d’un projet au long cours qui vise à explorer la nature des interactions entre les chasseurs-collecteurs et le milieu semi-aride caractéristique de cette partie de l’Afrique australe. En mêlant les prospections pédestres, l’analyse géomorphologique du paysage et la fouille d’abris sous-roche, nous espérons mieux comprendre les dynamiques d’occupation humaine de ce milieu parfois difficile, au cours du Pléistocène et de l’Holocène.
Le projet inclut une dimension de formation d’étudiant·es namibien·nes aux techniques de terrain (fouilles, utilisation d’une station totale, d’un GPS et des logiciels associés au traitement des données spatiales issues de la prospection, etc.) et d’analyse de matériel archéologique, de retour au musée de Windhoek.
Responsables scientifiques
- Aurore Val (CNRS - LAMPEA)
- Matthias Blessing (University of Connecticut)
Laboratoire de l'institut impliqué
- Laboratoire Méditerranéen de Préhistoire Europe Afrique (LAMPEA)
Équipes et institutions partenaires
- National Museum of Namibia (Windhoek, Namibie)
- Windhoek City Museum (Namibie)
- University of Connecticut (USA)
- Archéosciences Bordeaux (France)
- University of the Witwatersrand (Afrique du Sud)
- Eberhard Karls Universität Tübingen (Allemagne)
- Globe Institute (Danemark)